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Maurice de La Pintière nous a quitté (Les manifestations)

Maurice de la Pintière,  un des derniers témoins de l'horreur, de la barbarie est décédé à 86 ans
Maurice de La Pintière fut déporté à Buchenwald, Dora et Bergen-Belsen de 1943 à 1945. Dans cet enfer, il a connu les souffrances de l'esclavage qu'il a affrontées, la haine à  l'état pur de ses gardiens qu'il a subie et la mort qu'il a côtoyée. Il a vécu l’horreur et dès sa libération, il s'est exprimé dans une série de 35lavis. Il se devait aussi de témoigner de l’espérance qu’il a toujours gardée dans ces camps de la mort..

Maurice était encore étudiant à l'Ecole des Beaux-Art lorsqu'il est arrêté à 22 ansalors qu'il tentait de franchir la frontière espagnole pour rallier la France Libre. Il est déporté à Dora en novembre. Il y restera jusqu'à la libération des camps par les Anglais en 1945. Artiste de talent, il a raconté l'enfer d'après quelques croquis qu'il réussit à faire pendant sa détention. Son œuvre, les lavis qu'il réalisa de mémoire à sa libération,présentedes scènes de mort, d'exécution, et dulabeur épuisant des "kommandos". Regroupés sous le nom de "Dora, la mangeuse d'hommes", ces dessins constituent un des témoignages les plus émouvants, par force et la qualité des oeuvres.
60 000 détenus à Dora pour construire les V2
Situé au centre de l'Allemagne en Thuringe, le camps de Dora qui fut crée fin août 1943 était un "kommando" de Buchenwald. Plus de 60 000 détenus y seront internés. Dora abritait une usine souterraine produisant les fusées V2 dont la technologie sera réutilisée dans les années 60 pour la conquête spatiale.
Les conditions de vie y étaient extrêmement dures. "C'était un camp d'extermination lente, aucun d'entre nous ne devait enrevenir". Les déportés ont été contraints de construire les deux tunnels destinés à abriter l'usine. Ils étaient alors logés dans l'un deux dans des conditions très précaires. " Nous étions moins que des animaux. La déshumanisation sévissait dans tous les domaines. Nous avons connu le mal absolu".
Le travail à Dora ne s'arrêtait jamais : deux équipes se relayaient jour et nuit. Les déportés étaient affectés soit à des travaux non qualifiés comme le terrassement, soit à des tâches nécessitant une spécialité. Hantés par la peur du sabotage, qui était une réalité, les Allemands répliquaient par une répression féroce : "Les pendaisons étaient fréquentes et généraient un climat de terreur parmi les détenus". En 1945, à l'approche des Alliés, les SS évacuèrent les déportés vers Bergen-Belsen où beaucoup périrent.
Des ténèbres à la lumière
Maurice de La Pintière a survécu grâce à cette force d'esprit forgé dans la résistance et grâce à une foi ardente. Il se devait aussi de survivre pour témoigner. A sa libération, il a éprouvé le besoin immédiat de crier au monde ce qu'il avait vécu. Puis, il illustra pendant 10 ans des journaux pour enfants : "Une façon de reprendre goût à la vie et de voyager dans le temps et l'espace". En 1957, la maladie le contraint de changer d'activité. Il va découvrir la tapisserie et l'Apocalypse de Saint Jean : "Le Chemin de Lumière". Il entreprend une œuvre de 15 tapisseries, indissociable formant un ensemble parfait : des camps au renouveau de la lumière. La vie, la liberté, la souffrance, la mort y sont les thèmes principaux que résument ses "4 cavaliers de l'Apocalypse" :"L'oppression, la guerre, l'injustice, la mort". Cependant, doté d'un solide optimiste, il ne cesse d’affirmer la victoire de la lumière sur les ténèbres. Le chemin doit conduire à la "Jérusalem Céleste" qui est la dernière tapisserie. Il assume son rôle, celui de l'artiste :"Il faut transmettre cette lumière qui ne vient pas de la terre". Il a fait don de ces 15 chefs-d'œuvre à la Catho d'Angers : " Pour que ces tapisseries ne soient pas dispersées".
Son livre, "Chemin d'un déporté, des ténèbres à la Lumière" est son testament.